Super El Niño 2026-2027 : définition, prévisions, impacts mondiaux et dernières informations

El Niño est l’un des phénomènes climatiques naturels les plus influents de la planète. Né dans le Pacifique tropical, il peut modifier les régimes de pluie et de température à des milliers de kilomètres et influencer les sécheresses, les inondations, les cyclones, l’agriculture, les ressources en eau, les écosystèmes marins, la santé et les températures moyennes mondiales.

Au 19 septembre 2026, El Niño continue de se renforcer. La discussion ENSO de la NOAA du 10 septembre estime à plus de 90 % la probabilité d’un épisode très fort pendant l’automne et l’hiver 2026-2027. Pour octobre-novembre-décembre 2026, la NOAA attribue désormais 75 % de probabilité à un RONI d’au moins +2,5 °C, niveau qui dépasserait les précédents maxima de la série RONI depuis 1950. [1][3]

Une précision est essentielle : « Super El Niño » n’est pas une catégorie météorologique officielle. L’Organisation météorologique mondiale classe les épisodes ENSO comme faibles, modérés, forts ou très forts et précise qu’elle n’utilise pas cette expression dans ses produits opérationnels. [6]

Ce guide de référence explique la formation d’El Niño, les indices Niño 3.4, ONI et RONI, les prévisions 2026-2027, les comparaisons avec les grands épisodes historiques, les impacts possibles dans le monde et ce que l’on peut raisonnablement dire pour le Maroc.

Principe essentiel : El Niño modifie des probabilités climatiques à grande échelle. Il ne permet pas, à lui seul, de prédire plusieurs mois à l’avance la météo exacte d’une ville ni de garantir qu’un impact donné se produira dans une région précise. [3][5]


Super El Niño 2026-2027 : situation actuelle

Données mises à jour au 19 septembre 2026

La discussion ENSO mensuelle de la NOAA publiée le 10 septembre 2026 confirme qu’El Niño s’est encore renforcé au cours du mois d’août et que le système océan-atmosphère reste pleinement couplé. Le suivi CPC mis à jour le 14 septembre 2026 montre une nouvelle hausse des anomalies hebdomadaires dans le Pacifique équatorial central-oriental. La mise à jour de l’Organisation météorologique mondiale du 3 septembre 2026 reste également en vigueur et juge la persistance d’El Niño jusqu’en février 2027 presque certaine. [1][4][5]

En août 2026, les anomalies mensuelles de température de surface de la mer publiées par la NOAA atteignaient :

Région du Pacifique Anomalie en août 2026
Niño 3.4 +1,8 °C
Niño 3 +2,5 °C
Niño 1+2 +3,4 °C
Niño 4 +0,1 °C

Note méthodologique : les valeurs publiées par différents organismes peuvent différer selon le jeu de données utilisé, la période de référence, la climatologie et la méthode de calcul. Les valeurs NOAA et OMM doivent donc être interprétées dans le cadre méthodologique propre à chaque source ; une différence numérique ne signifie pas nécessairement une contradiction.

La NOAA indique qu’en août les anomalies de température de surface ont dépassé +3 °C dans l’est du Pacifique équatorial. Les températures sous la surface sont restées très supérieures à la normale, avec de vastes anomalies dépassant +10 °C en profondeur, tandis que les vents de basses couches, les vents d’altitude, la convection renforcée du Pacifique central vers l’est et les précipitations supprimées sur l’Indonésie restent cohérents avec un El Niño en renforcement. [1]

Mise à jour du 14 septembre 2026 : le suivi hebdomadaire du Climate Prediction Center indique désormais +2,0 °C dans Niño 3.4, +2,8 °C dans Niño 3, +3,7 °C dans Niño 1+2 et -0,1 °C dans Niño 4. Ces valeurs hebdomadaires sont calculées avec OISSTv2.1 et ne doivent pas être confondues avec les anomalies mensuelles ni avec le RONI sur trois mois. Le même bulletin montre que les anomalies chaudes continuent de s’amplifier à l’est de la ligne de changement de date. [4]

Mise à jour OMM du 3 septembre 2026 : l’OMM estime désormais qu’il existe une probabilité proche de 100 % qu’El Niño persiste pendant septembre-novembre 2026 puis décembre 2026-février 2027. L’organisation prévoit un renforcement vers une intensité très forte avant un pic vers la fin de 2026, sans transition vers ENSO-neutre ou La Niña pendant son horizon de prévision. [5]

Dans sa nouvelle mise à jour saisonnière pour septembre-novembre 2026, l’OMM projette une anomalie moyenne d’ensemble de la température de surface de la mer dans Niño 3.4 d’environ +3,6 °C, avec une trajectoire culminant en novembre-décembre. Ce chiffre est une prévision multi-modèle de SST Niño 3.4 : il ne s’agit ni d’un RONI déjà observé ni d’une valeur directement comparable aux maxima historiques du RONI. [23]

Probabilités NOAA d’un El Niño « très fort »

La NOAA publie désormais des probabilités d’intensité vérifiées avec le RONI. Un événement est classé « très fort » lorsque le RONI atteint au moins +2,0 °C sur la saison de trois mois concernée. [3]

Saison Probabilité d’un El Niño très fort (RONI ≥ +2,0 °C)
ASO 2026 — août-septembre-octobre 77 %
SON 2026 — septembre-octobre-novembre 97 %
OND 2026 — octobre-novembre-décembre 98 %
NDJ 2026-2027 — novembre-décembre-janvier 93 %
DJF 2026-2027 — décembre-janvier-février 75 %
JFM 2027 — janvier-février-mars 39 %
FMA 2027 — février-mars-avril 5 %
MAM 2027 — mars-avril-mai ≈ 0 %
AMJ 2027 — avril-mai-juin ≈ 0 %

Au 19 septembre 2026, les probabilités officielles d’intensité de la NOAA sont celles publiées le 10 septembre. Elles dépassent 90 % pour un épisode très fort de septembre-novembre à novembre-janvier. Le bulletin CPC du 14 septembre 2026 indique en parallèle que l’ensemble NCEP CFSv2 continue de favoriser la persistance d’El Niño pendant l’hiver 2026-2027. [3][4]

Ces chiffres permettent de distinguer deux informations souvent mélangées :

  • 98 % correspond à la probabilité qu’El Niño soit très fort, avec un RONI d’au moins +2,0 °C, pendant octobre-novembre-décembre 2026 ;
  • 75 % correspond à un scénario encore plus exceptionnel : un RONI d’au moins +2,5 °C pendant cette même saison, niveau qui dépasserait les précédents événements de la série RONI depuis 1950. [1][3]

La NOAA précise également que la force d’El Niño ne détermine pas automatiquement la force de ses impacts. Un épisode plus intense peut rendre certaines téléconnexions plus probables, mais ne garantit pas qu’une région donnée connaîtra nécessairement une sécheresse, une inondation ou une anomalie de température précise. [3]

À savoir : les valeurs RONI les plus récentes sont considérées comme des estimations initiales. En raison du traitement appliqué au jeu de données ERSSTv6, la NOAA indique qu’elles peuvent encore être légèrement révisées pendant les deux mois suivant leur première publication. [2]

La prochaine discussion ENSO mensuelle de la NOAA est prévue le 8 octobre 2026. [1]


1. Qu’est-ce qu’El Niño et pourquoi parle-t-on de « Super El Niño » ?

El Niño, La Niña et ENSO

El Niño est la phase chaude de l’El Niño-Southern Oscillation (ENSO), une oscillation naturelle du système océan-atmosphère dans le Pacifique équatorial.

ENSO possède trois états principaux :

  • El Niño : les eaux du Pacifique équatorial central et oriental deviennent anormalement chaudes et l’atmosphère réagit de manière cohérente ;
  • La Niña : ces mêmes régions deviennent anormalement froides et les alizés sont généralement renforcés ;
  • ENSO-neutre : aucune phase chaude ou froide suffisamment persistante ne domine. [6]

Les transitions entre ces phases apparaissent irrégulièrement, généralement tous les deux à sept ans. Les épisodes El Niño se développent souvent entre mars et juin, atteignent leur intensité maximale entre novembre et février et durent typiquement de plusieurs mois à environ un an, parfois davantage. [6]

Que signifie réellement « Super El Niño » ?

L’expression « Super El Niño » est employée de manière informelle pour décrire des épisodes exceptionnellement puissants. Elle est souvent utilisée lorsque les anomalies de température ou les principaux indices ENSO atteignent des niveaux proches des grands événements historiques.

Il serait toutefois incorrect d’écrire qu’un épisode devient officiellement « Super El Niño » dès qu’il franchit un seuil précis.

Il n’existe aucun seuil universel officiel définissant un Super El Niño. L’OMM utilise les catégories faible, modéré, fort et très fort et précise explicitement que « Super El Niño » ne fait pas partie de son système opérationnel de classification. [6]

Dans cet article, « Super El Niño » est donc utilisé comme terme populaire pour faciliter la compréhension et répondre aux recherches courantes, tandis que les comparaisons scientifiques reposent sur des indices officiels comme le RONI.


2. Comment se forme El Niño ?

En conditions normales, les alizés soufflent globalement d’est en ouest le long de l’équateur. Ils contribuent à accumuler les eaux chaudes vers l’ouest du Pacifique, près de l’Asie et de l’Australie.

Schéma comparant les conditions neutres du Pacifique et un épisode El Niño
Figure 1 — Comparaison simplifiée entre une situation ENSO-neutre et un épisode El Niño : affaiblissement des alizés, extension des eaux chaudes vers l’est, réduction de l’upwelling et déplacement de la convection tropicale.

À proximité des côtes de l’Amérique du Sud, ce déplacement favorise la remontée d’eaux profondes plus froides et riches en nutriments : c’est l’upwelling.

Pendant El Niño, plusieurs mécanismes changent simultanément :

  • les alizés s’affaiblissent ;
  • les eaux chaudes s’étendent davantage vers le centre et l’est du Pacifique ;
  • la thermocline se modifie ;
  • l’upwelling peut s’affaiblir dans certaines zones ;
  • les régions de convection tropicale et de fortes pluies se déplacent ;
  • la circulation atmosphérique tropicale, notamment la circulation de Walker, est perturbée. [6]

Ces changements n’agissent pas uniquement au-dessus du Pacifique. Ils déclenchent des ondes atmosphériques et modifient les grands courants-jets, ce qui peut influencer la météo saisonnière très loin de la zone où El Niño s’est formé.

C’est cette capacité à créer des téléconnexions à grande distance qui explique pourquoi un phénomène océanique du Pacifique peut influencer les précipitations en Afrique, les hivers en Amérique du Nord, les moussons asiatiques ou encore l’activité cyclonique dans l’Atlantique. Les composites historiques de la NOAA montrent clairement que ces téléconnexions varient selon la saison et la phase ENSO. [19]


3. Comment mesure-t-on la puissance d’El Niño ?

Les chiffres associés à El Niño peuvent sembler contradictoires parce qu’ils ne correspondent pas tous au même indicateur.

Infographie comparant les indices ONI et RONI pour mesurer El Niño
Figure 2 — L’ONI suit l’anomalie de température de la région Niño 3.4 sur trois mois. Le RONI replace ce signal dans le contexte thermique des océans tropicaux, avec un ajustement de variance, afin de mieux isoler le signal ENSO relatif.

Les régions Niño 1+2, Niño 3, Niño 3.4 et Niño 4

Le Pacifique équatorial est divisé en plusieurs régions de surveillance :

  • Niño 1+2 : proche des côtes du Pérou et de l’Équateur ;
  • Niño 3 : plus à l’ouest ;
  • Niño 3.4 : Pacifique équatorial central-oriental, région particulièrement importante pour le suivi d’ENSO ;
  • Niño 4 : partie plus occidentale du Pacifique équatorial.

Une anomalie très élevée dans Niño 1+2 ne signifie donc pas nécessairement que Niño 3.4 affiche la même température.

C’est exactement ce que montrent les observations d’août 2026 : Niño 1+2 atteignait +3,4 °C alors que Niño 3.4 était à +1,8 °C. [1]

Qu’est-ce que l’ONI ?

L’Oceanic Niño Index (ONI) repose sur une moyenne mobile de trois mois des anomalies de température de surface de la mer dans la région Niño 3.4.

Il est donc présenté par saisons glissantes :

  • DJF = décembre-janvier-février ;
  • JFM = janvier-février-mars ;
  • OND = octobre-novembre-décembre ;
  • etc.

L’ONI a longtemps constitué l’un des principaux indicateurs opérationnels utilisés pour suivre ENSO.

Qu’est-ce que le RONI ?

Le Relative Oceanic Niño Index (RONI) mesure lui aussi l’anomalie de Niño 3.4, mais de manière relative au réchauffement moyen des océans tropicaux.

La NOAA soustrait à l’anomalie Niño 3.4 l’anomalie moyenne de température des océans tropicaux entre 20°N et 20°S, puis ajuste la variance afin de rendre la série comparable à l’indice traditionnel. Une moyenne mobile de trois mois est ensuite appliquée. [2][4]

Depuis le 1er février 2026, le RONI est utilisé pour la surveillance et la prévision officielles d’ENSO par la NOAA. Cette mise en œuvre opérationnelle a été annoncée officiellement par le National Weather Service en janvier 2026. Depuis le 10 août 2026, le calcul opérationnel du RONI utilise également le jeu de données ERSSTv6. [21][4]

Pourquoi le RONI devient-il important dans un climat plus chaud ?

Une région Niño 3.4 chaude en valeur absolue ne signifie pas automatiquement qu’elle est exceptionnellement chaude par rapport au reste des tropiques.

Dans un monde où les océans se réchauffent, la température absolue du Pacifique tropical peut augmenter en même temps que celle d’autres bassins.

Le RONI cherche donc à isoler davantage le contraste relatif propre à ENSO, c’est-à-dire la partie du signal susceptible d’être particulièrement importante pour la réponse atmosphérique.

Pourquoi Niño 3.4, ONI et RONI donnent-ils des chiffres différents ?

Parce qu’ils ne mesurent pas exactement la même chose ni toujours la même période.

En août 2026 :

  • Niño 3.4 mensuel : +1,8 °C ;
  • RONI juin-juillet-août 2026 : +1,4 °C. [1][2]

Le premier chiffre est une anomalie mensuelle d’une région océanique.

Le second est un indice relatif calculé sur trois mois.

Il n’y a donc aucune contradiction.

Quels sont les seuils d’intensité ?

Dans les probabilités d’intensité NOAA basées sur le RONI, les catégories progressent par intervalles de 0,5 °C. De manière simplifiée :

  • +0,5 à moins de +1,0 °C : faible ;
  • +1,0 à moins de +1,5 °C : modéré ;
  • +1,5 à moins de +2,0 °C : fort ;
  • +2,0 °C ou plus : très fort. [3]

Pour considérer historiquement un épisode comme pleinement établi, la NOAA examine aussi sa persistance sur plusieurs saisons glissantes et la cohérence de la réponse atmosphérique. [2][4]


4. Pourquoi le Super El Niño 2026-2027 pourrait-il être exceptionnel ?

Plusieurs éléments rendent l’épisode actuel remarquable.

Premièrement, son intensification est rapide. En août 2026, la NOAA observait déjà +1,8 °C dans Niño 3.4 et +3,4 °C dans Niño 1+2, avec un couplage océan-atmosphère clairement établi. [1]

Deuxièmement, les prévisions d’intensité sont inhabituellement élevées. La probabilité officielle NOAA d’un événement très fort atteint désormais 98 % pour octobre-novembre-décembre 2026. [3]

Troisièmement, la NOAA estime désormais à 75 % la probabilité que le RONI d’octobre-novembre-décembre atteigne au moins +2,5 °C, niveau qui dépasserait tous les événements de la série RONI depuis 1950. [1]

Quatrièmement, la mise à jour de l’OMM publiée le 3 septembre 2026 renforce le niveau de confiance international : l’organisation juge désormais la persistance d’El Niño jusqu’en février 2027 proche de 100 % et prévoit une intensité très forte avant un pic vers la fin de l’année. Son ensemble multi-modèle projette pour septembre-novembre une anomalie Niño 3.4 moyenne d’environ +3,6 °C, valeur de prévision qui ne doit pas être assimilée au RONI. [5][23]

Cela ne signifie pas qu’un nouveau record est déjà acquis.

Trois scénarios restent possibles :

  1. El Niño devient très fort mais reste sous les plus grands épisodes historiques ;
  2. il atteint un niveau comparable à 1982-1983, 1997-1998 ou 2015-2016 ;
  3. il dépasse réellement les précédents maxima de la série RONI.

La formulation la plus rigoureuse est donc :

El Niño 2026-2027 pourrait devenir l’un des épisodes les plus intenses de l’ère instrumentale et possède actuellement une probabilité importante de devenir le plus intense de la série RONI NOAA depuis 1950, mais ce record n’est pas encore observé.


5. Les grands El Niño de l’histoire moderne : 1982, 1997, 2015, 2023 et 2026

Comparer les événements historiques permet de comprendre pourquoi la seule expression « Super El Niño » ne suffit pas. Deux épisodes peuvent avoir une intensité comparable mais une structure océanique, une saisonnalité et des impacts différents.

Comparaison historique des grands épisodes El Niño selon le RONI
Figure 3 — Comparaison de plusieurs grands épisodes El Niño selon le RONI : 1982-1983 atteint environ +2,4 °C, 1997-1998 et 2015-2016 environ +2,3 °C, contre environ +1,4 °C en 2023-2024. Pour 2026-2027, seule la partie déjà observée est représentée comme acquise ; la suite demeure une projection probabiliste.

Comparaison selon le RONI ERSSTv6

Épisode RONI maximal approximatif
1982-1983 +2,4 °C
1997-1998 +2,3 °C
2015-2016 +2,3 °C
2023-2024 +1,4 °C
2026-2027 en cours

Ces valeurs proviennent de la série historique RONI recalculée avec ERSSTv6. [2]

1982-1983

L’épisode 1982-1983 atteint environ +2,4 °C au maximum dans la série RONI actuelle. Il constitue donc aujourd’hui la principale référence historique à dépasser selon cette métrique. [2]

Il s’est produit à une époque où le système d’observation du Pacifique était beaucoup moins développé qu’aujourd’hui. L’événement 1982-1983 a fortement marqué l’histoire de la surveillance d’ENSO et a contribué à accélérer le développement des systèmes modernes d’observation du Pacifique tropical. [18]

Les impacts ont été nombreux à travers le monde et ont montré à quel point un événement du Pacifique tropical pouvait réorganiser les régimes de précipitations et de température très loin de son lieu d’origine.

1997-1998

L’épisode 1997-1998 atteint environ +2,3 °C de RONI. Il reste l’un des El Niño les plus emblématiques de l’ère moderne. [2]

Sa croissance spectaculaire dans le Pacifique oriental a été suivie à l’aide d’un système d’observation bien plus performant qu’en 1982. Cet épisode est fréquemment utilisé comme référence dans les études sur les impacts d’ENSO, notamment pour les précipitations extrêmes, les sécheresses régionales, les écosystèmes marins et les modifications de la circulation atmosphérique.

Il a ensuite été suivi par une forte transition vers La Niña en 1998. [2]

2015-2016

L’épisode 2015-2016 atteint également environ +2,3 °C dans la série RONI. Une analyse scientifique menée par des chercheurs de plusieurs services météorologiques nationaux l’a classé parmi les épisodes les plus puissants observés depuis 1950. [16]

Il a culminé autour de novembre 2015-janvier 2016 avant de s’affaiblir et de disparaître au printemps 2016.

Mais il n’était pas une simple copie de 1997-1998 : les anomalies chaudes étaient particulièrement marquées dans le Pacifique central et occidental, tandis que la configuration près de l’Amérique du Sud différait de celle des précédents événements majeurs. [16]

Cette différence montre pourquoi la forme géographique d’El Niño compte autant que sa valeur maximale.

2023-2024 : pourquoi son RONI paraît-il beaucoup plus faible ?

L’épisode 2023-2024 est particulièrement intéressant pour comprendre la différence entre ONI et RONI.

La nouvelle série RONI ERSSTv6 lui attribue un maximum d’environ +1,4 °C, nettement inférieur aux +2,3 ou +2,4 °C des grands épisodes historiques. [2]

Cela ne signifie pas que l’océan Pacifique n’était pas très chaud.

Le RONI mesure le réchauffement de Niño 3.4 par rapport au reste des océans tropicaux. Or, en 2023-2024, une grande partie des océans tropicaux était elle-même exceptionnellement chaude.

Le contraste relatif associé à ENSO était donc moins extrême que ne pouvait le laisser penser une mesure absolue de température de Niño 3.4.

C’est précisément l’une des raisons pour lesquelles la NOAA a renforcé l’usage du RONI : replacer chaque épisode dans le contexte thermique général des tropiques.

2026-2027

Au 19 septembre 2026, il reste prématuré de lui attribuer une place définitive dans ce classement.

Le RONI observé le plus récent, pour juin-juillet-août 2026, atteint désormais +1,4 °C. En parallèle, le suivi hebdomadaire OISSTv2.1 du 14 septembre atteint +2,0 °C dans Niño 3.4, +2,8 °C dans Niño 3 et +3,7 °C dans Niño 1+2. Les prévisions officielles NOAA et OMM continuent d’anticiper une intensification très forte pendant l’automne et le début de l’hiver. [2][3][4][5]

Le point décisif sera donc de comparer les valeurs réellement observées entre septembre 2026 et le début de 2027 avec les projections actuelles.


6. Quand El Niño 2026-2027 atteindra-t-il son maximum et combien de temps peut-il durer ?

Les épisodes El Niño ont tendance à culminer entre novembre et février. Ce comportement saisonnier historique est parfois appelé « verrouillage de phase » d’ENSO. [6]

Pour 2026, la NOAA prévoit un renforcement jusqu’à la fin de l’année, et ses probabilités d’intensité culminent en octobre-novembre-décembre. [1][3]

Cela suggère un maximum probable autour de la fin de 2026, sans permettre de déterminer aujourd’hui un mois ou une semaine précise.

Combien de temps El Niño peut-il durer ?

Les épisodes El Niño durent souvent environ neuf à douze mois, même si certains persistent plus longtemps. [5][6]

Les probabilités officielles NOAA publiées en septembre indiquent désormais 100 % de probabilité d’El Niño de août-septembre-octobre jusqu’à janvier-février-mars 2027. La probabilité reste de 97 % pour février-mars-avril et de 82 % pour mars-avril-mai. Pour avril-mai-juin 2027, le scénario le plus probable devient ENSO-neutre à 55 %, contre 43 % pour la persistance d’El Niño. [25]

La mise à jour OMM du 3 septembre apporte un second repère indépendant : elle estime à près de 100 % la probabilité qu’El Niño persiste jusqu’en février 2027 et ne prévoit, sur cet horizon, ni retour à ENSO-neutre ni transition vers La Niña. Au-delà de la fin de l’hiver boréal, l’incertitude augmente et les scénarios de transition devront être réévalués au fil des prochains bulletins. [5]

Son affaiblissement dépendra ensuite :

  • de l’évolution des réserves de chaleur sous la surface du Pacifique ;
  • du rétablissement ou non des alizés ;
  • des vagues océaniques équatoriales ;
  • des interactions entre océan et atmosphère.

7. Quels impacts un Super El Niño peut-il avoir dans le monde ?

El Niño n’agit pas de la même manière partout.

Carte mondiale des tendances saisonnières WMO pour août-octobre 2026, perspective antérieure
Figure 4 — Perspective saisonnière WMO pour août-octobre 2026 publiée avant la mise à jour de septembre, conservée ici comme repère d’évolution. La perspective la plus récente, publiée le 3 septembre pour septembre-novembre 2026, est décrite dans le texte ci-dessous.

L’OMM souligne que ses impacts dépendent :

  • de l’intensité de l’épisode ;
  • de sa durée ;
  • de la saison ;
  • de sa localisation dans le Pacifique ;
  • de son interaction avec d’autres grands modes climatiques, comme le dipôle de l’océan Indien, l’Atlantique tropical ou la NAO. [5][6]

La mise à jour saisonnière de l’OMM publiée le 3 septembre 2026 porte désormais sur septembre-octobre-novembre 2026. Elle indique une probabilité accrue de températures supérieures aux normales sur presque toutes les zones terrestres, tandis que les précipitations présentent une empreinte atmosphérique El Niño plus marquée. [23]

Pour septembre-novembre 2026, la carte multi-modèle de l’OMM met notamment en évidence :

  • un signal humide marqué dans le Pacifique équatorial central-oriental et des probabilités accrues de conditions plus humides dans plusieurs zones associées aux téléconnexions d’El Niño, notamment en Afrique de l’Est et dans certaines parties de l’Amérique du Sud subtropicale ;
  • des signaux plus secs sur une partie du sous-continent indien, le Maritime Continent et l’Indonésie, de larges secteurs de l’Australie, ainsi que certaines zones d’Amérique centrale, des Caraïbes et du nord de l’Amérique du Sud. [23][6]

Le produit mondial de l’OMM fournit une vue à grande échelle. Pour l’Australie, les prévisions nationales du Bureau of Meteorology offrent une résolution régionale plus fine et montrent un signal plus contrasté, notamment entre certaines régions du sud et de l’est et une grande partie de l’ouest.

Ce sont des probabilités saisonnières, pas des certitudes locales.


Quels effets en Amérique du Nord ?

L’Amérique du Nord fait partie des régions où les téléconnexions ENSO sont relativement bien documentées.

Pendant un El Niño typique, le courant-jet du Pacifique tend à être modifié et déplacé vers le sud, ce qui peut favoriser en hiver :

  • des conditions plus humides sur certaines régions méridionales des États-Unis ;
  • des températures plus douces sur certaines zones septentrionales ;
  • une modification de la trajectoire des perturbations ;
  • une redistribution du risque de pluie et de sécheresse. [6]

Mise à jour CPC du 17 septembre 2026 : pour octobre-novembre-décembre 2026, le Climate Prediction Center favorise des températures supérieures aux normales sur une grande partie de l’Alaska, sur l’essentiel des régions situées à l’ouest des Rocheuses, sur presque toutes les régions à l’est du Mississippi et sur plusieurs États du centre-nord. Côté précipitations, le signal humide s’étend de la moitié sud de la Californie vers les Four Corners et les Grandes Plaines, puis sur une grande partie des vallées du Mississippi et du Tennessee, le Sud-Est et le Mid-Atlantic. Les probabilités de précipitations supérieures aux normales dépassent localement 60 % sur certaines parties de la côte orientale du golfe du Mexique et du littoral du Sud-Est. [29]

Ces cartes restent des prévisions saisonnières probabilistes : elles décrivent une tendance sur trois mois et ne permettent pas de prévoir la trajectoire d’une perturbation particulière ni la météo d’une ville à une date précise.

Mais les impacts d’un hiver précis ne doivent pas être déduits uniquement de la force d’El Niño. L’état du Pacifique Nord, les oscillations atmosphériques et la variabilité interne peuvent modifier le résultat final.


Quels effets en Amérique latine ?

L’Amérique latine regroupe plusieurs zones directement reliées au Pacifique tropical, mais les impacts d’El Niño y sont très contrastés.

Le Pérou et l’Équateur peuvent connaître de fortes modifications des pluies et des écosystèmes marins pendant certains épisodes du Pacifique oriental.

Certaines parties du nord-ouest de l’Amérique du Sud peuvent au contraire connaître des déficits pluviométriques.

L’Amazonie, l’Amérique centrale, les Caraïbes et le cône sud répondent elles aussi différemment selon la saison et la configuration exacte de l’épisode.

Pour septembre-novembre 2026, la nouvelle perspective WMO conserve un contraste régional : des signaux plus secs apparaissent sur l’Amérique centrale, les Caraïbes et une partie du nord de l’Amérique du Sud, tandis que des signaux plus humides persistent dans certaines zones du sud-est de l’Amérique du Sud. [23]

Ces différences montrent pourquoi une phrase générale comme « El Niño rend l’Amérique du Sud plus humide » serait incorrecte.


Super El Niño en Europe : quels effets possibles ?

L’Europe est beaucoup plus éloignée du Pacifique tropical que l’Amérique ou l’Australie. Le signal ENSO y est donc plus indirect et moins déterministe.

Le Met Office rappelle qu’El Niño n’est qu’un facteur parmi plusieurs qui influencent l’Europe et le Royaume-Uni. Les effets sont modulés par la circulation de l’Atlantique Nord, la NAO, les blocages atmosphériques, l’état de la stratosphère et d’autres mécanismes. [7]

Europe du Nord et Royaume-Uni

Historiquement, certains épisodes El Niño sont associés à une probabilité accrue de conditions plus douces, plus humides et plus venteuses au début de l’hiver en Europe du Nord-Ouest, suivies parfois d’un risque plus élevé de conditions plus froides et calmes en fin d’hiver. Mais cette relation n’est ni systématique ni garantie. [7]

Dans la perspective septembre-novembre publiée le 3 septembre, l’OMM maintient un signal de températures supérieures aux normales sur une grande partie de l’Europe, mais les précipitations y apparaissent plus hétérogènes et moins directement interprétables qu’au cœur des téléconnexions tropicales. Il serait donc excessif de résumer l’automne européen par un seul signal « sec » ou « humide ». [23]

Europe du Sud et Méditerranée

Pour l’Europe du Sud et la Méditerranée, la mise à jour du 3 septembre confirme surtout un contexte saisonnier globalement chaud. Le signal pluviométrique est spatialement plus variable et doit être affiné avec les prévisions régionales et nationales plutôt qu’attribué directement à El Niño. [23]

L’Espagne, la péninsule Ibérique et l’ouest de la Méditerranée peuvent cependant être fortement influencés par la circulation atlantique et méditerranéenne, indépendamment d’ENSO.

El Niño peut-il prédire l’hiver en France ou en Espagne ?

Non.

Il peut contribuer au signal saisonnier, mais il ne suffit pas pour annoncer plusieurs mois à l’avance qu’un hiver sera doux, froid, pluvieux ou sec dans un pays précis.

Les prévisions saisonnières officielles européennes restent la meilleure référence pour évaluer les probabilités à mesure que l’hiver approche.


Inde, Asie du Sud, Asie du Sud-Est et Australie

Cette grande région concentre certaines des téléconnexions les plus importantes d’El Niño.

Inde et mousson

El Niño est souvent associé à une tendance à l’affaiblissement de la mousson dans certaines parties du sous-continent indien, mais la relation n’est pas mécanique : le dipôle de l’océan Indien, la MJO et de nombreux mécanismes régionaux peuvent modifier fortement le résultat.

En 2026, l’India Meteorological Department confirme que des conditions El Niño modérées sont présentes et devraient continuer de se renforcer pendant le reste de la mousson du sud-ouest. [8]

La mise à jour WMO du 3 septembre maintient, pour septembre-novembre 2026, un signal plus sec sur une partie du sous-continent indien et du Maritime Continent. Elle prévoit en parallèle le développement d’un dipôle positif de l’océan Indien, avec une valeur saisonnière moyenne proche de +0,9 °C, ce qui peut moduler régionalement les effets d’ENSO. [23][9]

Indonésie et Asie du Sud-Est

L’Indonésie et plusieurs régions d’Asie du Sud-Est connaissent souvent une probabilité accrue de déficit de pluie pendant El Niño.

En août 2026, la NOAA observe toujours une convection et des précipitations supprimées sur l’Indonésie, tandis que la convection et les pluies restent renforcées du Pacifique central vers l’est, signature atmosphérique cohérente avec le renforcement d’El Niño. [1]

Les déficits pluviométriques prolongés peuvent augmenter :

  • le stress hydrique ;
  • le risque agricole ;
  • l’assèchement de la végétation ;
  • certains risques d’incendies et de fumées.

Australie

Le Bureau of Meteorology australien indique le 15 septembre 2026 qu’El Niño est fermement établi et continue de se renforcer. Le Relative-Niño3.4 atteint +2,51 °C pour la semaine se terminant le 13 septembre, tandis que le SOI sur 30 jours reste fortement négatif. Cet indice hebdomadaire du Bureau australien n’est pas directement comparable au RONI NOAA calculé sur trois mois ni aux anomalies Niño 3.4 OISST utilisées par le CPC. Le Bureau rappelle toutefois qu’un El Niño très puissant ne se traduit pas automatiquement par des impacts proportionnellement plus forts sur les pluies ou les températures australiennes. [27]

Pour septembre-novembre 2026, la prévision saisonnière nationale est plus nuancée qu’un simple signal « sec » : les précipitations sont favorisées sous les normales dans certaines parties du sud et de l’est, notamment le sud-est et la Tasmanie, mais au-dessus des normales sur une grande partie de l’ouest. Les températures maximales sont favorisées au-dessus des normales au sud des tropiques et les températures minimales sur la majeure partie du pays. [28]

Le rôle du dipôle de l’océan Indien

Au 15 septembre 2026, le Bureau of Meteorology considère encore le dipôle de l’océan Indien (IOD) comme neutre. L’indice hebdomadaire a remonté à +0,65 °C, au-dessus du seuil d’un IOD positif (+0,4 °C), mais cette seule observation après quatre semaines dans la plage neutre ne suffit pas à déclarer un événement positif établi. Les modèles continuent néanmoins de favoriser le développement d’un IOD positif au cours du printemps austral, avec une incertitude persistante sur sa force et sa durée. [27]

Cette distinction est importante : prévoir le développement probable d’un IOD positif ne signifie pas qu’un IOD positif est déjà observé. ENSO, IOD et d’autres modes climatiques peuvent agir simultanément et modifier les impacts régionaux.


Quels effets en Afrique ?

L’Afrique ne possède pas une réponse uniforme à El Niño.

Afrique de l’Est

El Niño peut favoriser des pluies plus importantes pendant certaines saisons sur la Corne de l’Afrique, en particulier pendant la saison des « short rains » d’octobre à décembre.

Pour la saison des « short rains » d’octobre à décembre 2026, une perspective régionale relayée par l’OMM le 19 août indique une probabilité accrue de conditions plus humides que la normale dans le Greater Horn of Africa. Le signal atteint localement des probabilités très élevées, notamment sur le sud de l’Éthiopie, le centre-sud de la Somalie et le nord-est du Kenya. [24]

Afrique australe

À l’inverse, El Niño est historiquement associé à un risque accru de déficit de précipitations dans plusieurs régions d’Afrique australe.

La FAO surveille en 2026 un risque significatif de sécheresse agricole sur plusieurs pays de la région, notamment la Namibie, le Botswana, l’Angola, la Zambie, le Zimbabwe, l’Afrique du Sud, le Mozambique et Madagascar. [12]

Sahel et Afrique de l’Ouest

Les relations sont plus complexes.

La mousson ouest-africaine, l’Atlantique tropical, la température du golfe de Guinée, les circulations sahéliennes et d’autres facteurs peuvent devenir aussi importants ou davantage qu’ENSO.

Il faut donc éviter les simplifications telles que « El Niño provoque la sécheresse en Afrique ».


8. Super El Niño au Maroc : quels effets possibles en 2026-2027 ?

Le Maroc mérite une analyse séparée parce qu’il se trouve dans une région où l’influence d’ENSO existe mais n’est pas simple.

Une étude publiée en 2025 dans Scientific Reports, consacrée aux précipitations en Afrique du Nord avec un focus sur le Maroc, montre que le régime pluviométrique marocain dépend de plusieurs modes océaniques et atmosphériques qui varient selon les saisons. [10]

Quels facteurs contrôlent principalement les pluies marocaines ?

Pendant l’hiver, la North Atlantic Oscillation (NAO), la Mediterranean Oscillation et d’autres modes de circulation atlantique exercent une influence majeure.

L’étude montre notamment qu’une NAO positive est généralement associée à une réduction des précipitations hivernales marocaines, car la circulation atmosphérique peut dévier les perturbations atlantiques vers le nord. [10]

Au printemps, l’influence directe de la NAO diminue et d’autres modes, comme l’East Atlantic Pattern, prennent davantage d’importance.

ENSO influence-t-il malgré tout le Maroc ?

Oui, mais cette influence est variable et non stationnaire.

L’étude montre que les indices ENSO possèdent des associations avec les précipitations marocaines, mais que leur intensité, leur signe et leur localisation évoluent selon la saison, la région et la période historique. [10]

Depuis les années 2000, l’influence statistique directe d’ENSO apparaît plus forte qu’à la fin du XXe siècle et les interactions entre signaux du Pacifique et de l’Atlantique sont devenues plus complexes. [10]

El Niño signifie-t-il automatiquement sécheresse au Maroc ?

Non.

En hiver, l’influence d’ENSO est généralement moins marquée que celle de la NAO et de la circulation nord-atlantique. L’étude 2025 observe même que des anomalies positives de Niño 3.4 peuvent être associées à des précipitations légèrement renforcées dans certaines régions du nord du Maroc, même si cet effet reste secondaire. [10]

Au printemps, la relation peut changer : l’étude observe une association négative plus cohérente entre Niño 3.4 et les précipitations, particulièrement dans certaines zones centrales et sahariennes, avec des déficits plus importants lors de forts épisodes El Niño. [10]

C’est précisément pourquoi l’affirmation « Super El Niño = sécheresse au Maroc » serait scientifiquement trop simpliste.

Peut-on déjà dire si l’hiver 2026-2027 sera sec ou pluvieux ?

Non.

El Niño constitue un facteur à surveiller, mais l’évolution de l’hiver marocain dépendra également :

  • de la NAO ;
  • de la circulation atlantique ;
  • de l’anticyclone des Açores ;
  • des températures de l’Atlantique ;
  • des circulations méditerranéennes ;
  • des blocages atmosphériques ;
  • des prévisions saisonnières régionales.

La formulation la plus rigoureuse est :

El Niño 2026-2027 peut influencer le contexte climatique du Maroc, mais il ne permet pas à lui seul d’annoncer aujourd’hui un hiver sec, pluvieux, chaud ou froid.

Ce qu’il faudra surveiller au Maroc

À mesure que l’automne et l’hiver approchent, les indicateurs les plus utiles seront :

  • les prévisions saisonnières de la Direction Générale de la Météorologie ;
  • l’évolution de la NAO ;
  • l’état de l’Atlantique Nord ;
  • la circulation sur l’ouest de la Méditerranée ;
  • la position des dépressions atlantiques ;
  • les températures de surface de l’océan ;
  • les précipitations réellement observées ;
  • l’évolution des barrages, sols et ressources hydriques.

Cette approche permet de traiter El Niño comme un élément du système climatique marocain, et non comme une explication unique.

Vérification au 19 septembre 2026 : la perspective mondiale de l’OMM pour septembre-novembre place le Maroc dans un contexte de probabilité accrue de températures supérieures aux normales. En revanche, le signal de précipitations à l’échelle du Maroc n’est pas suffisamment univoque dans ce produit global pour annoncer un automne sec ou humide. Les prévisions saisonnières de la Direction Générale de la Météorologie et l’évolution de la circulation nord-atlantique restent donc déterminantes pour l’interprétation nationale. [23][10]


9. Impacts sur le climat, les ressources et les sociétés

El Niño peut-il augmenter la température mondiale et faire de 2027 une année record ?

El Niño exerce généralement un effet temporaire de réchauffement sur la température moyenne mondiale.

Lorsque les eaux chaudes du Pacifique tropical se développent et que les échanges de chaleur entre l’océan et l’atmosphère changent, la température globale peut augmenter pendant ou après le développement de l’épisode.

L’OMM souligne que les effets d’El Niño sur la température mondiale sont souvent particulièrement visibles l’année suivant son apparition. [5][6]

Nouvelle observation au 11 septembre 2026 : l’OMM rapporte qu’août 2026 a été l’août le plus chaud jamais observé à l’échelle mondiale selon les analyses de Copernicus, NOAA et NASA. La température de surface de la mer mondiale a également atteint un niveau record pour le mois, El Niño constituant l’un des facteurs ayant soutenu les températures exceptionnellement élevées du Pacifique tropical central et oriental. Cette observation décrit l’état de 2026 ; elle ne suffit pas, à elle seule, à garantir un record annuel en 2027. [26]

Le Met Office estime que l’épisode 2026 devrait provoquer une hausse temporaire de la température mondiale et considère que la chaleur résiduelle augmente le risque que 2027 atteigne un niveau record. [7]

Mais cela ne signifie pas que 2027 est déjà certain d’être l’année la plus chaude jamais mesurée.

Le résultat dépendra aussi de la tendance de fond du réchauffement anthropique, des températures des autres bassins océaniques, des aérosols, d’une éventuelle activité volcanique importante, de la durée exacte d’El Niño et de la variabilité naturelle du climat.

La formulation correcte est donc :

un très fort El Niño fin 2026 augmente le risque d’une année 2027 exceptionnellement chaude, sans garantir qu’un record sera battu.


El Niño provoque-t-il sécheresses, pluies extrêmes et inondations ?

Sécheresses

El Niño peut augmenter le risque de sécheresse dans certaines régions en déplaçant les grandes zones de pluie tropicale et en modifiant la circulation atmosphérique.

Les régions régulièrement surveillées comprennent notamment :

  • certaines parties de l’Australie ;
  • l’Indonésie ;
  • l’Asie du Sud ;
  • l’Afrique australe ;
  • certaines régions d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud. [5][6][12]

Mais une sécheresse ne dépend jamais uniquement d’ENSO : sa sévérité dépend aussi du déficit de pluie, de sa durée, des températures, de l’évaporation, de l’humidité du sol, des réserves souterraines et de la gestion de l’eau.

Pluies extrêmes et inondations

Dans d’autres régions, El Niño augmente au contraire la probabilité de pluies supérieures aux normales.

Cela concerne selon les saisons certaines zones :

  • de la côte pacifique de l’Amérique du Sud ;
  • du sud des États-Unis ;
  • de l’Afrique de l’Est ;
  • de l’Amérique du Sud subtropicale. [5][6]

Une saison globalement plus humide ne signifie pas nécessairement des inondations, mais elle peut augmenter le risque lorsque des pluies très intenses se produisent sur des sols saturés ou dans des bassins vulnérables.

Pourquoi le changement climatique peut amplifier certaines conséquences

Une atmosphère plus chaude peut contenir davantage de vapeur d’eau, ce qui favorise des précipitations plus intenses lorsque les mécanismes météorologiques sont réunis.

Dans les régions sèches, des températures plus élevées peuvent également accentuer l’évaporation et le stress hydrique.

Ainsi, le signal d’El Niño se superpose aujourd’hui à un climat de fond plus chaud.


Quel impact sur les ouragans, cyclones et incendies ?

Atlantique : moins d’activité cyclonique en moyenne

El Niño tend généralement à réduire l’activité des ouragans dans l’Atlantique.

Le mécanisme principal est une augmentation du cisaillement vertical du vent, qui rend plus difficile l’organisation des orages autour d’un centre cyclonique. [11]

Cela ne signifie pas qu’aucun ouragan ne peut se former pendant une année El Niño : une seule tempête peut rester dangereuse même lors d’une saison globalement moins active.

Pacifique central et oriental : environnement souvent plus favorable

La situation est souvent inversée dans le Pacifique oriental et central.

Les eaux plus chaudes et certaines modifications atmosphériques associées à El Niño peuvent créer un environnement plus favorable au développement de cyclones tropicaux dans ces bassins. [11]

Incendies de forêt

El Niño peut augmenter indirectement le risque d’incendie lorsqu’il favorise un déficit prolongé de pluie, une végétation plus sèche, des températures élevées et une baisse de l’humidité.

L’OMM inclut actuellement les incendies parmi les risques pouvant être renforcés par la combinaison entre El Niño, chaleur océanique et autres grands modes climatiques en 2026. [5]


Quels impacts sur l’agriculture et les prix alimentaires ?

L’agriculture est l’un des secteurs les plus sensibles à ENSO parce qu’elle dépend directement de la pluie, de la température, de l’humidité du sol et de la disponibilité de l’eau.

El Niño peut modifier le début des saisons des pluies, la durée des périodes sèches, les rendements, les besoins d’irrigation, les pâturages, la santé du bétail ainsi que les dates de semis et de récolte.

La FAO surveille en 2026 des risques agricoles élevés sur plusieurs régions d’Afrique, d’Asie, d’Amérique centrale et des Caraïbes. Elle souligne notamment la vulnérabilité des cultures pluviales dans les régions où El Niño augmente le risque de sécheresse. [12]

Tous les produits agricoles réagissent-ils de la même manière ?

Non.

Une culture peut bénéficier d’un supplément de pluie dans une région alors qu’une autre souffre d’un excès d’humidité.

Les impacts varient selon la culture, le stade du cycle végétatif, la région, les réserves d’eau, les systèmes d’irrigation et les capacités d’adaptation des agriculteurs.

Super El Niño peut-il faire augmenter les prix alimentaires ?

Il peut contribuer à des hausses de prix si plusieurs grandes régions productrices subissent simultanément des pertes de récolte.

Mais il n’existe aucune relation automatique entre « El Niño fort » et « hausse générale des prix ».

Les prix mondiaux dépendent également des stocks, des coûts de l’énergie et des engrais, des taux de change, des tensions géopolitiques, des restrictions commerciales, des politiques agricoles et de la demande mondiale.

La Banque mondiale considère en 2026 El Niño comme l’un des risques susceptibles de pousser les prix alimentaires au-dessus des projections si l’épisode devient plus fort ou persistant que prévu, mais elle l’analyse aux côtés de plusieurs autres facteurs. [13]


Quels impacts sur l’eau et l’énergie ?

Ressources en eau

Dans les régions devenant plus sèches, El Niño peut contribuer à réduire les débits et la recharge des réservoirs, accroître les besoins d’irrigation, accentuer la pression sur les nappes et renforcer les conflits d’usage entre agriculture, villes et industrie.

Dans les régions plus humides, les enjeux se déplacent vers les crues, les inondations, l’érosion, la contamination de certaines ressources et les dommages aux infrastructures hydrauliques.

Barrages et hydroélectricité

Une sécheresse prolongée peut réduire le remplissage des réservoirs et donc la capacité hydroélectrique.

À l’inverse, des précipitations plus importantes peuvent améliorer temporairement les réserves dans certains bassins.

Demande d’électricité

Des températures plus élevées peuvent augmenter la demande de climatisation et donc la consommation d’électricité, notamment pendant les vagues de chaleur.

L’impact énergétique final dépend donc fortement du mix électrique, du climat local et du niveau des réserves hydriques.


Quels impacts sur la pêche, les océans et les récifs coralliens ?

Upwelling et pêche

Au large de la côte ouest de l’Amérique du Sud, l’upwelling fait normalement remonter des eaux froides riches en nutriments.

Pendant certains épisodes El Niño, ce mécanisme s’affaiblit.

Les conséquences possibles comprennent une baisse de l’apport en nutriments, une modification du phytoplancton, le déplacement de certaines espèces, des changements dans les zones de pêche et des perturbations des chaînes alimentaires marines.

La FAO a consacré des évaluations spécifiques aux effets d’ENSO sur les pêches et l’aquaculture, soulignant que les impacts varient fortement selon les régions et les espèces. [20]

Vagues de chaleur marines

El Niño peut contribuer à des températures océaniques exceptionnellement élevées dans certaines régions.

La NOAA Coral Reef Watch surveille en temps réel le développement de l’épisode 2026 et ses interactions possibles avec le stress thermique des récifs. [15]

Blanchissement des coraux

Lorsque l’eau reste trop chaude pendant suffisamment longtemps, les coraux peuvent expulser les algues symbiotiques qui leur fournissent une partie importante de leur énergie : c’est le blanchissement.

Un blanchissement ne signifie pas que tous les coraux meurent immédiatement, mais un stress thermique prolongé ou répété augmente fortement le risque de mortalité.

Les grands épisodes El Niño passés ont contribué à étendre certaines périodes de blanchissement mondial, mais la température de fond des océans liée au changement climatique joue aujourd’hui un rôle majeur dans le niveau de stress thermique. [15]


Quels impacts possibles sur la santé humaine ?

Les effets sanitaires d’El Niño sont principalement indirects.

En modifiant la chaleur, les précipitations et la fréquence de certaines catastrophes, ENSO peut influencer plusieurs déterminants de santé.

L’Organisation mondiale de la Santé identifie notamment des risques liés à la chaleur, aux maladies hydriques après inondation ou dégradation de l’accès à l’eau potable, aux maladies vectorielles, à la malnutrition, à la fumée des feux de forêt, aux déplacements de population, aux dommages aux services de santé et aux conséquences psychologiques des catastrophes. [14]

L’OMS a d’ailleurs consacré en août 2026 une réunion spécifique à la préparation aux risques sanitaires associés au nouvel El Niño.

Ces risques ne se produisent pas partout de la même façon : ils dépendent fortement de la vulnérabilité locale, des infrastructures, du niveau de préparation et des systèmes d’alerte.


10. Quel lien entre Super El Niño et changement climatique ?

El Niño et le changement climatique sont deux phénomènes distincts.

El Niño est une oscillation naturelle du système océan-atmosphère qui existait bien avant le réchauffement climatique moderne.

Le changement climatique actuel correspond à une tendance de long terme principalement provoquée par l’augmentation des gaz à effet de serre d’origine humaine.

Le changement climatique rend-il El Niño plus fréquent ou plus puissant ?

La réponse scientifique reste nuancée.

L’OMM indique qu’il n’existe pas actuellement de preuve simple permettant d’affirmer que le changement climatique a déjà augmenté de manière systématique la fréquence ou l’intensité des événements El Niño. [6]

Le GIEC souligne également que la variabilité ENSO est naturellement importante et qu’il reste difficile de distinguer certains changements observés de la variabilité interne du système climatique. Il existe cependant des travaux et des projections suggérant des changements possibles dans l’amplitude, les événements extrêmes ou les téléconnexions d’ENSO dans un climat plus chaud, avec des niveaux de confiance variables selon la question étudiée. [17]

Il faut donc éviter deux affirmations trop simples :

  • « le changement climatique ne change absolument rien à El Niño » ;
  • « le changement climatique crée automatiquement davantage de Super El Niño ».

La réalité scientifique est plus complexe.

Un climat plus chaud peut-il amplifier les impacts d’El Niño ?

Oui, c’est l’un des points les plus solides.

Un El Niño se produit désormais dans un système climatique où :

  • l’atmosphère est plus chaude ;
  • les océans sont globalement plus chauds ;
  • le niveau de la mer est plus élevé ;
  • certaines régions connaissent déjà davantage de vagues de chaleur et de sécheresse.

L’OMM souligne qu’un climat plus chaud peut amplifier les impacts associés à El Niño en fournissant davantage d’énergie et d’humidité aux événements extrêmes comme les vagues de chaleur et les fortes précipitations. [6]

Ainsi, El Niño reste un phénomène naturel, mais ses conséquences peuvent se produire dans un environnement climatique très différent de celui des grands épisodes historiques du XXe siècle.


11. Que se passe-t-il après un puissant El Niño ? Une La Niña peut-elle suivre ?

Après avoir atteint son maximum, un épisode El Niño finit généralement par s’affaiblir.

Le système peut ensuite :

  • revenir vers des conditions ENSO-neutres ;
  • rester légèrement chaud pendant un certain temps ;
  • basculer vers La Niña.

Les transitions peuvent être rapides ou progressives.

L’épisode 1997-1998, par exemple, a été suivi d’une forte La Niña. La série RONI montre également plusieurs autres cas où une phase froide s’est développée après un épisode chaud important. [2]

Mais une La Niña en 2027 n’est pas encore une certitude.

Au 19 septembre 2026, la priorité scientifique reste d’estimer le pic réel et la durée du nouvel El Niño. L’OMM ne prévoit pas de retour à ENSO-neutre ni de transition vers La Niña avant février 2027. La prévision NOAA de septembre suggère ensuite une diminution progressive : pour avril-mai-juin 2027, ENSO-neutre devient le scénario le plus probable à 55 %, contre 43 % pour El Niño et seulement 2 % pour La Niña. [5][25]

Les prévisions d’une éventuelle transition vers La Niña deviendront plus fiables lorsque l’épisode commencera réellement à décliner.


12. Mythes et idées fausses sur le Super El Niño

« Super El Niño » est une catégorie scientifique officielle

Faux. L’OMM classe les événements en faible, modéré, fort et très fort. « Super El Niño » reste un terme informel. [6]

Un RONI de +2,5 °C est déjà observé en 2026

Faux. +2,5 °C correspond actuellement à un scénario prévu pour octobre-novembre-décembre. Depuis le 10 septembre, la NOAA lui attribue 75 % de probabilité. [1]

Plus El Niño est fort, plus les catastrophes sont fortes partout

Faux. Un événement puissant peut renforcer la probabilité de certaines téléconnexions, mais la NOAA précise que l’intensité d’ENSO ne détermine pas automatiquement l’intensité des impacts. [3]

El Niño signifie sécheresse partout

Faux. Certaines régions deviennent plus sèches, d’autres plus humides. [5][6]

El Niño explique toute météo inhabituelle ou permet de prévoir précisément plusieurs mois à l’avance

Faux. ENSO améliore les prévisions saisonnières probabilistes, mais il n’explique pas à lui seul chaque anomalie et ne permet pas de prévoir le temps d’un jour précis plusieurs mois à l’avance. La NAO, le dipôle de l’océan Indien, la MJO, l’Atlantique tropical, les blocages, les courants-jets et la variabilité interne peuvent également jouer un rôle majeur.

El Niño permettra de savoir dès maintenant si l’hiver marocain sera sec

Faux. Au Maroc, l’Atlantique Nord, la NAO et plusieurs autres modes atmosphériques restent essentiels. [10]

Super El Niño peut-il provoquer des tremblements de terre ?

Aucune relation causale générale n’est établie. L’USGS rappelle que les séismes sont provoqués par la rupture de failles tectoniques et qu’aucune corrélation générale avec la météo n’a été mise en évidence. El Niño est avant tout un phénomène océanique et atmosphérique : la coïncidence temporelle entre un épisode ENSO et un séisme ne suffit donc pas à démontrer une relation de cause à effet. [22]


13. Questions fréquentes sur le Super El Niño 2026-2027

Y a-t-il actuellement un El Niño en 2026 ?

Oui. La discussion NOAA du 10 septembre 2026 confirme qu’El Niño continue de se renforcer, avec plus de 90 % de probabilité d’un épisode très fort pendant l’automne et l’hiver 2026-2027. L’OMM le décrit également comme solidement établi. [1][5]

Un Super El Niño est-il confirmé pour 2026-2027 ?

Un événement très fort est désormais considéré comme extrêmement probable. La NOAA donne 98 % de probabilité d’un RONI d’au moins +2,0 °C pendant octobre-novembre-décembre 2026 et 75 % de probabilité d’un RONI d’au moins +2,5 °C sur cette même saison. L’OMM estime en outre à près de 100 % la probabilité qu’El Niño persiste jusqu’en février 2027. « Super El Niño » reste cependant un terme informel. [1][3][5]

Quelle est la probabilité d’un événement historique ?

Depuis le 10 septembre, la NOAA donne 75 % de probabilité que le RONI atteigne au moins +2,5 °C pendant octobre-novembre-décembre 2026, ce qui dépasserait les précédents épisodes de la série depuis 1950. [1]

Quand atteindra-t-il son maximum et combien de temps peut-il durer ?

Le pic est toujours attendu vers la fin de 2026. Les probabilités NOAA de septembre donnent 100 % de probabilité d’El Niño jusqu’à janvier-février-mars 2027, puis 97 % pour février-mars-avril et 82 % pour mars-avril-mai. En avril-mai-juin 2027, ENSO-neutre devient le scénario le plus probable à 55 %, contre 43 % pour El Niño. [25]

Quel est le plus puissant El Niño depuis 1950 selon le RONI actuel ?

Dans la série ERSSTv6 actuelle, 1982-1983 atteint environ +2,4 °C, contre +2,3 °C pour 1997-1998 et 2015-2016. [2]

Quelle est la différence entre ONI et RONI ?

L’ONI mesure l’anomalie de Niño 3.4 par rapport à sa climatologie. Le RONI retranche en plus l’anomalie moyenne des océans tropicaux et ajuste la variance afin de mieux isoler le contraste relatif associé à ENSO. La NOAA l’utilise opérationnellement depuis le 1er février 2026. [2][4][21]

Un Super El Niño peut-il rendre 2027 exceptionnellement chaud ?

Un événement très fort fin 2026 augmente le risque que 2027 soit une année exceptionnellement chaude, mais un record mondial n’est pas garanti. [7]

El Niño provoque-t-il sécheresses et inondations ?

Il peut augmenter le risque de sécheresse dans certaines régions et celui de fortes pluies ou d’inondations dans d’autres. Les impacts dépendent de la saison, de la région et des autres modes climatiques. [5][6]

Super El Niño va-t-il toucher le Maroc ?

El Niño peut influencer indirectement les précipitations marocaines et son signal statistique semble avoir évolué depuis 2000, mais il ne contrôle pas seul le climat du Royaume. La NAO, l’Atlantique Nord et les circulations méditerranéennes restent déterminants. [10]

Le changement climatique rend-il El Niño plus puissant ?

La réponse scientifique reste nuancée. Il n’existe pas de preuve simple d’une augmentation systématique déjà observée de la fréquence ou de l’intensité de tous les événements El Niño, mais plusieurs aspects d’ENSO et surtout de ses impacts peuvent évoluer dans un climat plus chaud. [6][17]

Une La Niña peut-elle suivre en 2027 ?

Oui, une transition vers La Niña reste possible plus tard en 2027, comme après certains grands El Niño historiques. Mais au 19 septembre 2026, elle n’est pas le scénario privilégié à moyen terme : l’OMM maintient El Niño jusqu’en février 2027 et, pour avril-mai-juin, la NOAA favorise ENSO-neutre à 55 %, contre 43 % pour El Niño et seulement 2 % pour La Niña. [5][25]

14. Ce qu’il faut retenir

Au 19 septembre 2026, cinq informations dominent :

  • El Niño est présent et continue de se renforcer ;
  • le RONI observé pour juin-juillet-août 2026 atteint +1,4 °C, tandis que le suivi hebdomadaire CPC du 14 septembre atteint +2,0 °C dans Niño 3.4, +2,8 °C dans Niño 3 et +3,7 °C dans Niño 1+2. [2][4]
  • l’OMM estime qu’El Niño a une probabilité proche de 100 % de persister jusqu’en février 2027 et devrait atteindre une intensité très forte avant son pic de fin d’année. [5]
  • la NOAA estime désormais à 98 % la probabilité d’un RONI ≥ +2,0 °C pour octobre-novembre-décembre 2026 ;
  • le scénario RONI ≥ +2,5 °C atteint 75 % de probabilité sur cette même période ; il s’agit toujours d’une prévision et non d’un record déjà observé. [1][3]

À retenir : « Super El Niño » reste un terme informel ; la force de l’épisode ne garantit pas l’intensité des impacts locaux ; et, au Maroc comme en Europe, ENSO doit être interprété avec les autres modes climatiques et les prévisions saisonnières régionales.

Cette page a vocation à rester évolutive afin de distinguer, au fil de l’automne et de l’hiver, ce qui était prévu de ce qui est réellement observé.

Prochaine mise à jour NOAA mensuelle importante : 8 octobre 2026. [1]


Sources scientifiques et institutionnelles

  1. NOAA Climate Prediction Center — ENSO Diagnostic Discussion, 10 septembre 2026
    Consulter la source officielle ↗
  2. NOAA Climate Prediction Center — Relative Oceanic Niño Index (RONI), série ERSSTv6 1950-présent et note sur les révisions des valeurs récentes
    Consulter la source officielle ↗
  3. NOAA Climate Prediction Center — Official ENSO Strength Probabilities, septembre 2026
    Consulter la source officielle ↗
  4. NOAA Climate Prediction Center — ENSO: Recent Evolution, Current Status and Predictions, mise à jour du 14 septembre 2026 ; suivi hebdomadaire OISSTv2.1, RONI ERSSTv6 et prévision NCEP CFSv2
    Consulter la source officielle ↗
  5. Organisation météorologique mondiale — Info-Niño/Niña (Août 2026), publié le 3 septembre 2026
    Consulter la source officielle ↗
  6. Organisation météorologique mondiale — El Niño / La Niña Phenomena : définition, classification, mesures et impacts
    Consulter la source officielle ↗
  7. Met Office — El Niño declared for 2026 as Pacific warms, 11 juin 2026
    Consulter la source officielle ↗
  8. India Meteorological Department — Long Range Forecast Outlook for the second half of the 2026 Southwest Monsoon, 31 juillet 2026
    Consulter la source officielle ↗
  9. World Meteorological Organization — South Asia expected to receive below average monsoon rainfall, 30 avril 2026
    Consulter la source officielle ↗
  10. Hakam O., Bouras E., Chehbouni A. — Influence of atmospheric and oceanic circulation patterns on precipitation variability in North Africa with a focus on Morocco, Scientific Reports, 2025
    Consulter la source officielle ↗
  11. NOAA Atlantic Oceanographic and Meteorological Laboratory — How does El Niño Impact Atlantic Hurricane Season?, 2 juin 2026
    Consulter la source officielle ↗
  12. FAO — El Niño is coming. Here is where the risks to agriculture are highest, 22 juin 2026
    Consulter la source officielle ↗
  13. World Bank — When risks stack up: Threats to global food markets in 2026, 16 juin 2026
    Consulter la source officielle ↗
  14. Organisation mondiale de la Santé — Preparing for El Niño and climate-related health risks: global insights and country experiences, 12 août 2026
    Consulter la source officielle ↗
  15. NOAA Coral Reef Watch — ENSO Conditions and Coral Bleaching, données 2026 et ressources ENSO
    Consulter la source officielle ↗
  16. L’Heureux M. L. et al. — Observing and Predicting the 2015/16 El Niño, Bulletin of the American Meteorological Society / NOAA Repository
    Consulter la source officielle ↗
  17. IPCC AR6 Working Group I — Chapter 12: Climate Change Information for Regional Impact and for Risk Assessment ; état des connaissances sur ENSO et la variabilité climatique
    Consulter la source officielle ↗
  18. NOAA Pacific Marine Environmental Laboratory — ressources historiques sur l’El Niño 1982-1983
    Consulter la source officielle ↗
  19. NOAA Physical Sciences Laboratory — ENSO climate effects and composites historiques
    Consulter la source officielle ↗
  20. FAO — ENSO effects on fisheries and aquaculture around the world
    Consulter la source officielle ↗
  21. NOAA / National Weather Service — Public Information Statement: Implementing a Relative Oceanic Niño Index effective February 1, 2026, 13 janvier 2026
    Consulter la source officielle ↗
  22. U.S. Geological Survey — Earthquake Facts & Earthquake Fantasy ; causes des séismes et absence de corrélation générale avec la météo
    Consulter la source officielle ↗
  23. Organisation météorologique mondiale — Global Seasonal Climate Update for September-October-November 2026, 3 septembre 2026
    Consulter la source officielle ↗
  24. Organisation météorologique mondiale — El Niño impacts Greater Horn of Africa, 19 août 2026
    Consulter la source officielle ↗
  25. NOAA Climate Prediction Center — Official ENSO Probabilities, septembre 2026
    Consulter la source officielle ↗
  26. Organisation météorologique mondiale — Earth has hottest August on record, 11 septembre 2026
    Consulter la source officielle ↗
  27. Australian Bureau of Meteorology — Southern Hemisphere Monitoring : El Niño continues to strengthen; IOD index back above positive IOD threshold, 15 septembre 2026
    Consulter la source officielle ↗
  28. Australian Bureau of Meteorology — Climate outlook for September to December, prévision septembre-novembre 2026, publiée le 3 septembre 2026
    Consulter la source officielle ↗
  29. NOAA Climate Prediction Center — Prognostic Discussion for Long-Lead Seasonal Outlooks, 17 septembre 2026
    Consulter la source officielle ↗
Posted in: Guides Hydralma

Leave a comment